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"Corps taoïste et sciences cognitives"  


Atelier animé lors de la Journée d'étude ICF 2014 par Éric Caulier, docteur en anthropologie, professeur de taijiquan. Formateur de formateurs, fondateur d’une école internationale de taijiquan, consultant en entreprise en ergonomie.

Au travers de quelques postures et mouvements fondamentaux, nous explorerons la dimension intérieure du taijiquan héritée des anciennes pratiques taoïstes. Nous découvrirons la force opératoire des images intériorisées pour amplifier nos sensations, mobiliser nos ressources profondes et mieux  habiter notre corps. Dans un exercice avec partenaire, nous expérimenterons les différentes étapes de l’empathie permettant de détecter les intentions dans les actions. Nous mettrons en évidence la convergence entre modèles traditionnels et modélisations issues des sciences cognitives. Retrouver notre cohérence personnelle et notre pouvoir d’agir sur nous-mêmes en interaction avec autrui et notre environnement nous aide à croître et nous permet d’accompagner d’autres sur leur propre chemin.

 

Nous sommes 13 participants dans l’aumônerie, tous remplis de curiosité pour découvrir cet atelier au titre un peu mystérieux. Participants  venus d’horizons très différents, avec un fort lien vers ICF (Past President & President ICF France, President ICF Belgique …).  Eric Caulier est passionné par le lien entre la tête et le corps, avec une vaste connaissance aussi bien des pensées et cultures orientales, chinoise en particulier, et occidentales, passées et contemporaines. Il arrive à intégrer dans une approche souple, et adaptée à notre esprit occidentale, cette cohérence  entre la tête et le corps, l’Orient et l’Occident, le masculin et le féminin, le blanc et le noir. Un atelier riche en concepts, en idées, en pensées et aussi tournée vers la mise en pratique. J’ai l’impression de boire les paroles d’Eric, et qu’à chaque fois que je les entends, la boisson aura un autre goût, une autre couleur, une autre consistance.  Et ces quelques lignes que je partage ici avec vous ne sont qu’une perception d’un moment, d’un vrai atelier de travail.

Nous commençons par un exercice. Debout, nous faisons des cercles avec nos articulations : cou, épaules, coudes, poignées,  hanches, bassin, genoux, chevilles … Nous prenons ainsi conscience que notre corps est un ensemble de ressources, conscientes et inconscientes, connues et inconnues. Notre capacité de faire demande l’intégration de ces ressources, pour aller ver la maîtrise – comme par exemple la calligraphie.

Nous sommes invités à sentir nos muscles. Toujours debout, nous penchons vers la droite, et nos muscles à gauche s’étirent.  Eric nous invite à porter notre attention sur le côté droit. Et oui, je les sens, mes muscles contractés côté droit.  Si je m’étire d’un côté, l’autre côté se contracte. Les muscles s’ouvrent et se ferment. Ce sont deux pôles opposés, qui travaillent dans une dynamique constructive, comme le yin et le yang, le noir et le blanc.

Et nous allons trouver la posture de confort, toujours debout. En testant, les pieds l’un contre l’autre, ou bien très écartés, ou en ligne avec les hanches. Les genoux bien droits, ou bien flex. Nous trouvons chacun notre posture qu’on appelle  « bien dans ses pompes », ou « aligné » ou « bien assis ». J’ai les pieds légèrement écartés, genoux flex. Et je sens la transformation dans mon corps, sur les trois niveaux, ventre, poitrine, et tête. Voilà l’opposition entre le Confucianisme et le Taoïsme. Le Confucianisme, c’est comme le bon père de famille, avec des règles, la force, se redresser, la dominance, les poignets serrés. Le Taoïsme cherche la nature profonde, l’harmonie, la résonance, l’écoute, les 2 mains ouvertes : « Celui qui ne force rien peut tout ». Le corps humain, le corps social et l’univers se mettent en résonance, en empathie et assertivité.

Maintenant, nous allons découvrir nos limites, toujours dans notre posture de confort, avec les bras ouverts en demi-cercle, devant la poitrine. Eric nous invite à ouvrir et fermer nos bras. Et nous y allons de bon train, montrons que nous sommes souples, ouvrons grand les bras, les fermant en force, contractant toute la poitrine. Eric nous fait prendre conscience du mal que nous nous faisons dans les épaules en forçant les bras grands ouvert, la contraction des poumons à la fermeture. Et je trouve mes limites, j’ouvre mes bras pour accueillir l’autre sans me faire mal, je respire en même temps, mon regard se dirige vers l’horizon.  Et je ferme légèrement mes bras, ma respiration change, mon regard baisse, je m’accueille. Les neurosciences nous apprennent que le regard précède le mouvement dans l’espace, et montre l’intention.

Nos dernières expériences  portent sur notre relation à l’autre, et aussi à nos projets, nos objectifs. Pour commencer, face à face, jambe droite pliée devant, le buste légèrement en avant, nos mains droites se touchent.  Elles restent en contact  lorsque  je prends ou donne plus d’espace à l’autre, d’une manière souple, en harmonie, nous « dansons », nos mains collantes. Le regard de l’autre m‘indique où je vais, comme le mien l’indique à mon partenaire.

Ensuite, toujours dans la même position, sans se toucher. L’idée est de faire bouger l’autre. Avec la force, dans le même axe, nous ‘y arrivons pas. Mais si je me mets de biais, si je cherche le vide, une simple pression des doigts suffit. Et si cela s’appliquait aussi à mes projets, mes objectifs ? J’ai envie d’apprendre  à m’ajuster, à m’ouvrir à tous les possibles.

Merci Eric

 

Site :www.taijiquan.be


 

 
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